Tous les matins sont les mêmes. Identiques à en croire qu'on a appuyé sur "Repeat". Tu ouvres un oeil, puis l'autre. Soudain tu les refermes. Tu te rendors. DRING' le réveil sonne, tu l'éteins pour faire genre de n'avoir rien entendu. Tu rêves. Et là, ta mère arrive et hurle dans tes pauvres tympans, déjà bien abîmé par les conneries que t'entends chaque jour. Alors tu te lèves, t'enfiles un short, histoire de pas être nu devant ton bol de céréales, que tu ne mangeras pas tellement tu stresses à cause de la météo du jour puis tu rentres dans la douche, l'eau est toujours soit glacée soit brûlante mais t'as pas le choix : Soit tu pues, soit tu rates le bus. Alors pas le temps de se sécher, tu mets tes chaussettes alors que t'as les orteils humides, et t'aimes pas ça. Tu te brosses les dents, et tu fous du dentifrice Colgate partout sur ton tee-shirt blanc. T'es de mauvaise humeur depuis maintenant un quart d'heure. Tu te laves la gueule , du moins t'essayes. A peine le temps de mettre tes pompes que tu dois courir jusqu'à ton arrêt de car. Tu montes dans le bus, il fait chaud. Tu dors les yeux ouverts, mais il y a trop de gens autour de toi, qui t'observent, ou pas; alors tu te dis que Merde, t'es pas sur la bonne planète. Tu descends, tu avec tes amis. La sonnerie retentit et pendant huit heures t'es assis sur une chaise inconfortable, à regarder dehors et à tagger ta table. Ensuite tu rentres chez toi, là tu bouffes. Tu te redouches. Tu lis un peu, t'écris pour faire genre que tu fais tes devoirs mais t'écris des conneries déguisées en mots censés. Tu suis des séries-télé qui t'indiffèrent, mais au moins elle te font oublier un peu combien tu t'es fais chier. Tu penses à elle, à eux. Au lendemain et à la veille. Et puis tu te rends compte qu'en faite, ta vie c'est une minable routine. Et cette routine là, toi, tu l'aimes et tu ne pourrais pas faire sans.